• Dungeons & Dragons : Daggerdale

    Article publié sur RPGFrance le 22.07.2011

     

    Cette version PC, appelons-la DDD par commodité, est un action-RPG dans l'univers des royaumes oubliés de Dungeons et Dragons, 4ème édition. Atari, détenteur de la licence, nous propose donc une incursion dans un univers mythique et c'est Bedlam Games, développeur pas très connu, qui a la difficile tâche de satisfaire les fanatiques. Tout cela semble forcément alléchant et c'est avec une certaine surprise mais aussi une inquiétude grandissante qu'on le trouve à 10 € en version boîte. Pourquoi ? Voici des éléments de réponse...

    Avant toute chose

     

    Tout d'abord, sachez que le jeu est compliqué à installer dans sa version DVD. Il faut savoir qu'un compte Steam est nécessaire pour l'activer, ce qui n'est même pas précisé sur le devant de la jaquette, mais en tout petit derrière. Ensuite, l'installation de 4go est très chaotique. Affichant 800 mo installés sur 4000, mon lecteur a tourné en boucle pendant une bonne demi-heure avant que je l'arrête et m'aperçoive que le jeu était prêt à être joué. Peut-être que ce problème n'existe pas avec les versions dématérialisées. 

    Passé ce cap douloureux, on rentre enfin dans l'univers des royaumes oubliés en passant par le synopsis du jeu pour vous conter le scénario : Rezlus, prêtre maléfique de Zhentarim, cherche à faire tomber le royaume de Daggerdale sous le joug de Bane le seigneur des Ténèbres. Ramenez l’ordre dans le Val de Nentir en découvrant les secrets cachés au plus profond des mines de Tethyamar, et en déjouant les pièges de la Tour du Néant jusqu’à la confrontation finale avec Rezlus lui-même ! Cela est très appétissant et on passe directement à la création de personnage.

    Pour cela, vous avez la possibilité de choisir parmi 4 personnages prédéfinis visuellement, de race et de profession bien distinctes, mais très classiques : le guerrier humain, le roublard elfique, le magicien halfelin et le clerc nain. Très différents les uns des autres, ils vous permettront de vivre l'aventure autrement selon leurs compétences et votre approche du jeu. Après avoir choisi votre personnage, on peut choisir deux dons, qui correspondent à des compétences spécifiques (comme bouclier lourd, sceptre ou encore arme à deux mains), un ou deux pouvoirs qui comprennent trois niveaux maximum d'évolution et enfin augmenter d'un point une des six caractéristiques du personnage (Force, constitution, dextérité, charisme, sagesse, intelligence). On retrouve donc tout ce qui fait le charme de AD&D avec son nombre impressionnant de possibilités pour personnaliser, non pas l'apparence de son personnage, mais ses capacités. Il ne reste plus qu'à lui donner un nom et c'est parti.

     

     

     

    Promenons-nous dans les mines...

     

    Une vidéo d'introduction nous présente le lieu dans lequel nous allons vaquer pendant le premier chapitre. En vue de dos à la troisième personne, la caméra se place un peu au dessus de votre personnage. Il y a possibilité de varier cet angle, qui offre une bonne visibilité sans qu'il y ait aucun ralentissement, normal sachant que l'on se promènera dans des lieux clos : palais nains, mines, grottes, forteresses. Visuellement, les textures d'environnement sont correctes, mais les différents éléments de décors (meubles, personnages) sont placés ça et là dans des maps qui sont constituées de couloirs enchevêtrés les uns les autres. Enfin les PNJ nains que l'on rencontre dans le premier chapitre sont tous issus du même moule, peu différents, mais surtout très laids dès que le zoom pour discuter se met en route. Grave erreur des développeurs de présenter les dialogues de cette manière. On voit la laideur des textures. Quant aux couloirs, s'ils présentent des dénivellation et quelques détails, la végétation est absente, ce qui les rend bien vides. 

    La carte correspond à un entremêlement de couloirs bloqués par des portes que vous allez devoir ouvrir. Pour débuter, on apparaît dans un couloir et on apprend à travers le didacticiel à manoeuvrer son personnage. Prévoyez un temps d'adaptation, car si les touches sont génériques comme dans les autres jeux de ce type, elles ne sont pas reconfigurables. On peut donc jouer avec W,A,S,D, les touches directionnelles de votre clavier et la souris ou un gamepad 360 sur le PC.

    Pour les plus connaisseurs, il est possible de gratter certains fichiers pour changer les touches, mais cela ne s'adresse pas aux néophytes. Pour ma part, j'ai choisi de jouer avec les flèches du clavier. La flèche haut me permet d'avance et la flèche bas de faire demi-tour. Les droite et gauche ne fonctionnent pas et c'est la souris qui va donner le sens du personnage. Le bouton gauche de la souris permet de frapper au corps à corps - sachant qu'il faut cliquer comme un frénétique pour enchaîner les coups et non maintenir le bouton - le droit d'attaquer à distance et le centre d'interagir avec votre environnement. En maintenant une touche appuyée, on a avec les boutons de la souris quatre autres raccourcis pour placer ses pouvoirs, dons, voir ses potions. Cela a l'avantage d'être très pratique. L'interface des menus n'est pas ergonomique pour un sou avec un changement entre l'utilisation de la souris et les touches écran. Difficile de s'habituer et d'utiliser cet inventaire. Même après huit heures de jeu, j'ai bien du mal à utiliser les bonnes touches. La lisibilité n'est donc pas au rendez-vous. Et il y a aussi peu d'informations dans le livret que dans les menus pour se familiariser avec.

    Notons qu'à l'instar de Dungeon Siege 3, la prise en main au gamepad est simple et qu'on a plus d'aisance à jouer avec. Mais attention, cela reste possible justement parce que le nombre de touches utilisées reste limité, comme on le verra plus tard.

     

     

     

    Il est temps de partir à l'aventure et de bouter les méchants. Parlons avec un nain qui a un gros point d'exclamation sur la tête et le dialogue se met en route. Mais peut-on parler de dialogue, car il n'y a aucun choix ? En fait le personnage déballe son discours sans aucune interactivité de votre part. Vous avez juste à appuyer sur SUIVANT. Pour finaliser le monologue, on vous demande d'accepter ou de refuser la quête. Si vous la refusez, pas de souci, cela ne change en rien son comportement. Le personnage vous refourguera le même discours à votre prochaine approche. Si vous l'acceptez, vous devrez résoudre la quête en allant dans le lieu indiqué par un icône sur la carte. En parlant de quêtes, elles sont primaires (tuer, aller chercher, délivrer) et n'offrent aucune réflexion, voire aucun challenge. C'est du bourrinage total avec des allers-retours incessants entre votre mission et son commanditaire. La quête principale est donc tout aussi peu réussie, même si elle aurait pu être sympathique au vu de l'histoire. Elle est prémachée et seules vos actions la feront avancer. On pourra donc dire que DDD est un pur hack'n'slash et pas du tout un action-RPG comme on a pu le voir avec Dungeon Siege 3. D'ailleurs les 12 succès sur Steam à débloquer présentent très bien les caractéristiques du jeu : tuer 1000 gobelins, avoir 100000 pièces d'or dans votre sac ou encore infliger 75 points de dégâts avec une arme. L'interactivité des niveaux se limite aux nombreux barils disséminés partout que vous pouvez casser pour obtenir quelques pièces ou potions et aux quelques coffres qui vous permettront d'acquérir de l'équipement varié. 

     

     

     

    ... pendant que Rezlus n'y est pas.

     

    Sur votre chemin, vous croisez des paquets de créatures, jamais plus que les deux doigts de la main. Un bestiaire bien sympathique avec pour une même race, les différents versions possibles correspondantes aux différents professions que l'on retrouve dans cet univers. Par exemple, pour un Gobelin, on trouvera le guerrier gobelin, l'archer gobelin, et le shaman gobelin. Chacune possède son propre équipement, ses propres sorts et son niveau. Et cela fait plaisir de voir des combats variés avec des ennemis qui utilisent des sorts. Les combats peuvent être assez longs, surtout si vous n'utilisez pas la bonne arme ou encore si vous omettez vos dons. Le couloir nettoyé, vous avancez vers votre objectif mais voici que l'effet Dragon Age 2 apparaît : le respawn des ennemis. Vous avancez et hop comme par magie ils apparaissent ou réapparaissent. Vous ne nettoierez donc jamais une zone et vous ne pourrez jamais être tranquille dans un petit coin pour pisser (Hé là !! C'est pas possible on n'est pas dans Duke Nukem Forever !).

    Bien sur, la mort d'un ennemi fait apparaître du loot qui est plus ou moins conséquent selon le niveau du mort. Un boss tué et on peut tomber sur un objet magique, voire rare. Votre personnage pourra d'ailleurs posséder une arme à distance et une arme de corps à corps avec lesquelles il va jongler pour combattre. La difficulté du jeu est faible, juste quelques longueurs avec certains bosses, car il faut les frapper longtemps. En effet, il n'y a pas de technique particulière face à eux, comme on pouvait en trouver dans la série des Baldur's Gate sur PS2. De toute manière, la mort ne signifie pas le game over, juste un retour en arrière, au début de la quête. En effet, il n'y a pas de mode hardcore (la mort du personnage étant pemanente) et la sauvegarde que vous pouvez faire à tout moment, vous ramène à la dernière quête non résolue, sachant que vous perdez toute expérience et tout matériel acquis entre temps. 
     

    A chaque mort, votre personnage acquiert un petit peu d'expérience pour parvenir au niveau 10 maximum. Il faut savoir que la progression est lente et vous permet d'avoir un point pour vos pouvoirs. Malheureusement, pour chaque personnage, vous n'avez accès qu'à peu de pouvoirs car il faut monter de niveau pour les débloquer. Du coup, tous les personnages d'une même catégorie auront à peu près les mêmes pouvoirs à un niveau donné, ce qui limite l'intérêt du jeu et sa rejouabilité. Tous les deux niveaux, vous avez droit à un point supplémentaire pour vos caractéristiques et à un point pour vos compétences. Tout cela est trop limitatif pour réellement développer pleinement son personnage et les pouvoirs ont des effets semblables (souvent des dégâts et l'ennemi subissant un handicap particulier, comme la secousse ou la lenteur).

    La musique est de bonne qualité avec une augmentation de l'intensité lorsque l'on entreprend un combat. Les textes traduits en français sont bons - on remarquera la grosse faute dans le menu "cliquez sur n'importe quelle touché" et les loots aléatoires qui donnent des noms bizarres - Mais les dialogues restent en anglais. Enfin, dialogues dans les cinématiques, car lorsque vous communiquez avec un pnj, si le monologue affiché est bien écrit, les sons qui émanent du personnage restent sommaires : beuh, ouizz, hein, ouai grompf, en anglais bien sûr, et sont totalement incompréhensibles. Cela tue encore plus l'immersion, mais j'imagine diminue considérablement le coût investi dans les dialogues.

     

     

     

    L'acné, c'est pas bon !

     

    DDD souffre de deux points noirs rédhibitoires : le premier défaut est son nombre de bugs impressionnants de toutes sortes. Comme si le jeu était sorti prématurément et n'avait pas subi de séance de débuggage. Clipping, retour Windows, textures manquantes de certains équipements, quêtes bloquées ou non réalisables ou remises à zéro (je pense à la quête finale qui tourne en boucle si on ne relance pas la dernière sauvegarde), ennemis invisibles, loots en l'air intouchables, marqueur de quête pas à la bonne place, et j'en passe. C'est monstrueux. Vous noterez d'ailleurs sur mes screens le super équipement façon nain schtroumpf délavé ! Cela n'empêche pas de finir le jeu, rassurez-vous, mais peu réellement agacer. Espérons que des mises à jour seront faites pour pallier à ces défauts.

    Le second point noir du jeu réside dans sa durée de vie. Il faut moins de 10 heures pour en faire le tour, quêtes secondaires comprises. Le peu de tactique possible (taper, utiliser son pouvoir, taper, utiliser son pouvoir), couplé à des combats incessants et un manque de diversité de l'univers n'aident pas à la poursuite du jeu. On notera que les développeurs se tirent une nouvelle fois une balle dans le pied en proposant la mise en place des records du temps total joué. En y jetant un coup d'oeil, on s'aperçoit que le record pour finir le jeu est un peu plus de 2 heures... Mais peut-être est-ce mieux ainsi pour éviter la lassitude. A noter que lorsque vous battez le boss final, un passage d'ailleurs stéréotypé soit dit en passant, le générique se déclenche sans possibilité de le désactiver, puis vous retournez avec votre personnage au niveau du début et vous pourrez poursuivre son évolution. Il semble que ce jeu soit le premier d'une trilogie prévue. Peut-être que la durée de vie des trois épisodes aura alors un peu plus de consistance et permettra de dépasser le niveau 10.

     

     

     

    Hé DD, hé, tu descends ?

     

    Outre cette partie solo, il est possible de jouer de 1 à 4 sur Internet en coopératif grâce à la plateforme Gamespy. Après plusieurs essais de connexions infructueux avec Megamat, nous n'avons jamais réussi à jouer. Peut-être était ce dû à une différence de versions, ayant pour ma part eu une mise à jour automatique sur Steam, contrairement à lui. Ensuite sur le net, j'ai pu jouer à 4, et ce fut un beau bazar avec une visibilité pas au top vu le nombre de participants. Il vaut mieux se limiter à deux.

    Il est aussi possible de jouer à deux en multiplayer local. C'est à dire que vous pouvez jouer à deux sur le même écran après avoir sélectionné votre personnage. Bien que moins riche et beaucoup plus bourrin, cette coopération du jeu est plus appréciable, (personnellement mieux que celle de Dungeon Siege 3. Peut-être est ce dû à la caméra qui est déplaçable, mais aussi à l'angle de vision qui offre bien plus de visibilité). Dans cette configuration, le jeu se transforme en véritable hack'n'slash qui permettra de se défouler dans la joie et l'allégresse entre amis. Cette partie est vraiment réussie, mais la campagne reste la même et est trop courte. On a l'impression d'être dans un Baldur's Gate : Dark alliance (voir la PS2) de moins bonne qualité. Il faut toute de même deux gamepads, le premier étant obligatoirement affilié au joueur 1. En cas de mort d'un personnage, il peut être ranimé pendant un court laps de temps et si ce n'est pas fait, la quête est perdue. On se retrouve alors au début de la quête en ayant perdu expérience et équipement trouvé. Un challenge un peu plus corsé que le jeu solo, car il y a davantage d'ennemis. 

     

    Lassant, buggué, linéaire, pas très riche, mais à un prix défiant toute concurrence, Dungeons et Dragons : Daggerdale est un hack'n'slash dont la durée de vie se compte sur les doigts d'une main : un jeu apéritif en somme. Heureusement, le coopératif en local ajoute un plus qui sauve le jeu des abysses. Mais pour la partie solo, vaut-il réellement le coup sachant que pour le même prix, on trouve des ténors du style, peut-être plus anciens, mais bien plus riches et amusants ?

     

    + Licence Dungeons et Dragons

    + Pas cher

    + Jeu coopératif local

     

    - Trop de bugs

    - Très court

    - Graphismes redondants


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