• Call of juarez

    Les FPS au temps du Western se comptent sur les doigts de la main. Pourtant avec les jeux de guerre, n’est ce pas le background rêvé pour ce type de jeu ? A près le très sympathique Outlaws des Studios LucasArts qui date de 1997, voici venu Call of Juarez du studio TECHLAND. Alors Duel réussi ou pas ?

     

     La particularité de ce FPS est son déroulement. Il permet de prendre en main à tour de rôle 2 personnages bien distincts : le faux coupable et son chasseur de prime.

    Dans le premier niveau qui sert de tutoriel, vous voici dans la peau de Billy un jeune adulte mexicain, un gamin pas sur de lui qui va rapidement se retrouver accuser d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Il va devoir fuir. Ce personnage frêle mais agile va se jouer essentiellement en mode infiltration. Ainsi en se baissant et en passant dans les buissons, il devient invisible aux yeux de ses ennemis ce qui lui permet de s’échapper. Son arme unique est un fouet qui lui permettra de frapper mais aussi de pouvoir s’agripper aux arbres et passer par-dessus des falaises ou des points inaccessibles sans. Bien sur, Billy a accès aux armes quand il en trouve, mais la plupart du temps les missions lui demandent le silence absolu et le moindre bruit amène le Game Over.  Billy donc des missions qui sortent de l’ordinaire (chasse aux lapins, rentrer dans un bâtiment pour voir une fille !) et cela ne plaira pas aux joueurs qui attendent du titre un aspect bourrin.

    Dans le second niveau, changement de personnage. Vous voici dans la peau du pasteur qui reprend les flingues pour donner la justice divine. Vous allez donc mettre la région à feu et à sang pour retrouver Billy et l’exécuter.  Le pasteur manie aussi bien la bible que le 6 coups et les missions ne font pas dans la dentelle. Il est le pourfendeur des pauvres et flingue à tire larigot. Vous finirez d’ailleurs les épisodes avec le pasteur par un Duel au pistolet.  Contrairement à Billy sa compétence spécifique est l’utilisation du Bullet Time. Comprenez par là, que si le pasteur sort ses deux Colts, il peut user du ralentissement du temps pendant quelques secondes et en profiter pour faire feu. Très utile par exemple lorsque de nombreux ennemis apparaissent à l’écran. Tout comme Billy, le pasteur peut se cacher, et se pencher à gauche ou à droite pour éliminer ses adversaires. De plus les localisations sont gérées tout comme l’usure des armes qu’il conviendra de changer au fur et à mesure de votre avancée dans l’épisode.

    Prenez les films de l’âge d’or des westerns, faites un mixe des scènes les plus réussies, vous aurez ainsi une idée du contenu de Call Of Juarez : attaque de train, bandits, indiens, mitrailleuse lourde, chariot dans une mine d’or, shérif, poursuite à cheval, pont et canyon, tout y est.

    Les bruitages, la musique tout y est bien intégrés et les dialogues matures des PNJ renforcent ce background.

    Le scénario est très bien ficelé et il y a très peu de temps mort du fait de cette poursuite entre la victime et son bourreau.  A chaque niveau, on change de personnage, ce qui fait que l’on vit l’histoire sous deux angles différents. On comprend alors mieux le cheminement des deux belligérants et ce qui se passe. L’histoire prend donc une autre tournure lorsque le pasteur se rend compte de son erreur, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Etalée sur 15 épisodes, la durée de vie solo est d’une douzaine d’heures environ.

    Les situations sont riches avec une interaction avec les décors très poussés. En effet, il est possible de ramasser tout ce qui est transportable et de le porter ailleurs. On peut même mettre le feu avec une lampe à pétrole ou l’éteindre avec un seau que l’on aura rempli d’eau.

     

    Enfin, les graphismes sont propres pour un jeu de 2006 et la diversité de la faune et de la flore enrichie notre émerveillement. Les ennemis sont diversifiés et même si l’IA n’est pas très développée, elle suffit pour nous mettre dans le bain.

    Les possibilités sont donc nombreuses et le cadre idyllique des plaines  sauvages américaines promettent un must. Sauf qu’il n’en est rien pour plusieurs raisons : Lorsque l’on prend le jeu en main, on imagine que l’on va pouvoir gambader sur des cartes immenses qui nous permettront de réaliser les missions à notre guise, un jeu de type GTA en somme. Or, il n’en est rien : le jeu est d’une linéarité affligeante et vous n’avez souvent qu’une seule solution pour réaliser un objectif.  Pire : devant l’immensité des paysages qui vous entourent, vous vous rendrez vite compte que les niveaux sont souvent des couloirs plus ou moins larges que vous ne pourrez traverser que d’une certaine manière. On se rend compte qu’il est impossible de sortir du cadre fixé par les développeurs : petits talus insurmontables, rivière avec courant trop fort qui vous entraîne jusqu’à la noyade, alors que le gué est à quelques centimètres de là, pont qui s’effondre, devinez, il y a un petit tunnel pour avancer. Ces passages obligés permettront le déclenchement des scripts et vidéos prêts à vous immerger dans le jeu, mais réduiront la rejouabilité du jeu. 

    L’attaque du train est un exemple flagrant de ce défaut. Imaginez-vous dans le rôle du pasteur : vous devez défendre le train. Alors vous vous dites que vous allez en faire le tour et aborder les brigands comme vous l’entendez. Que nenni, le train arrêté sur les rails est coincé entre deux falaises qui vous obligent à passer par un pseudo couloir dans lequel vous devez éliminer tous les voleurs. Il n’y a pas d’autres options. Ce couloir mène à une autre partie du train dans laquelle vous pourrez accéder aux autres wagons sans pour autant en sortir et contourner les wagons pour prendre vos ennemis à revers. C’est toujours tout droit. On se sent donc frustrer au fur et à mesure que l’on avance dans l’aventure …

    A noter aussi que les deux belligérants tombent trop souvent dans la caricature et on finit par en rire tellement les textes sont ridicules. En effet, le tueur repenti en pasteur, qui récite des pamphlets en même temps qu’il butte, cela fait très cliché. On a envie de le faire taire ou de rire tellement les dialogues proposés paraissent second degré. Avec ce personnage, on en est réduit à écouter «  C’est moi qui est la plus grosse et repose en paix ». Autre petit désagrément : le temps de chargement du niveau de départ d’un épisode est long (1 minute environ), la première fois qu’il se charge. Enfin, dans les moindres maux, on constatera aussi que d’un épisode à l’autre, on ne garde pas l’équipement récupéré sur les morts, on recommence avec celui de base.

     

     

    Avec sa douzaine d’heures de durée de vie, on passera un bon moment sur Call of Juarez. Avec une interactivité poussée pour un FPS et une immersion sympathique, il est dommage que le jeu ne propose pas plus de liberté et que tout du long on se retrouve a être contraint de subir sa linéarité. Attention, il n’est pas mauvais en soi, mais une fois l’histoire parcourue une première fois, la rejouabilité est nulle et vous passerez rapidement au multi qui pourra vous offrir quelques parties sympathiques à 16 en lan ou sur Internet.  Attention, toutefois à la partie infiltration, c’est à dire à la moitié du jeu, qui ne plaira peut être pas à tous les joueurs.


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